Que dit l'article L113-9 du Code des assurances

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Sommaire

L'article L113-9 du Code des assurances constitue un pilier fondamental du droit des assurances en France. Ce texte encadre les conséquences des déclarations inexactes ou des omissions lors de la souscription d'un contrat d'assurance. Cardif, assureur, vous invite à en découvrir les détails.

L'article l113-9 du Code des assurance : en bref

  • L'article L113-9 du Code des assurances régit les conséquences des omissions et déclarations inexactes non intentionnelles dans les contrats d'assurance
  • En cas d'omission ou de déclaration inexacte constatée avant tout sinistre, l'assureur peut soit augmenter la prime, soit résilier le contrat avec un préavis de 10 jours
  • Si l'omission ou la déclaration inexacte est constatée après sinistre, l'indemnité est réduite proportionnellement au rapport entre la prime payée et celle qui aurait dû l'être
  • La fausse déclaration intentionnelle entraîne la nullité du contrat selon l'article L113-8, avec conservation des primes par l'assureur

L'article L113-9 du Code des assurances

L'article L113-9 du Code des assurances régit les conséquences d'une omission ou d'une déclaration inexacte non intentionnelle de la part de l'assuré. Ce texte prévoit que lorsque la mauvaise foi de l'assuré n'est pas établie, le contrat d'assurance n'est pas nul. L'assureur dispose alors de deux options principales selon le moment où il découvre cette inexactitude.

Si la constatation intervient avant tout sinistre, l'assureur a le droit soit de maintenir le contrat, moyennant une augmentation de prime acceptée par l'assuré, soit de résilier le contrat dix jours après notification adressée à l'assuré par lettre recommandée, en restituant la portion de la prime payée pour le temps où l'assurance ne court plus.

Dans le cas où la constatation n'a lieu qu'après un sinistre, l'indemnité est réduite en proportion du taux des primes payées par rapport au taux des primes qui auraient été dues, si les risques avaient été complètement et exactement déclarés. Cette règle proportionnelle constitue une sanction modérée qui préserve une partie des droits de l'assuré tout en protégeant l'assureur contre les déclarations erronées.

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Qu'est-ce qu'une omission ou une déclaration inexacte ?

Une omission correspond à l'absence de déclaration d'un élément important pour l'appréciation du risque par l'assureur. Il peut s'agir d'oublier de mentionner une pathologie lors de la souscription d'une assurance emprunteur ou de ne pas signaler des travaux modifiant la valeur d'un bien assuré. La déclaration inexacte, quant à elle, consiste à fournir une information erronée sur un aspect essentiel du risque à garantir.

Ces inexactitudes peuvent concerner divers éléments : l'âge de l'assuré, ses antécédents médicaux pour une assurance emprunteur, la nature de son activité professionnelle, ou encore les caractéristiques du bien à assurer. La distinction entre l'erreur involontaire et la fausse déclaration intentionnelle reste cruciale, car elle détermine les sanctions relatives applicables.

Les juges du fond apprécient souverainement le caractère intentionnel ou non de l'omission. Ils examinent notamment si l'assuré pouvait raisonnablement ignorer l'importance de l'information non déclarée ou s'il a fourni intentionnellement une réponse imprécise à une question mal formulée par l'assureur. Les conditions particulières du contrat peuvent également préciser certains éléments devant obligatoirement être déclarés.

Qu'advient-il du contrat d'assurance emprunteur en cas d'omission ou de déclaration inexacte ?

En matière d'assurance emprunteur, les conséquences d'une omission ou d’une déclaration inexacte dépendent de leur nature et du moment de leur découverte. Lorsque l'omission ou la déclaration inexacte est constatée et que la mauvaise foi n'est pas établie, le contrat reste valide mais peut être modifié.

Si vous avez omis de déclarer un élément médical non intentionnellement, votre assureur peut proposer un avenant au contrat avec une surprime correspondant au risque réel. Cette régularisation permet le maintien de l'assurance tout en ajustant les conditions tarifaires. La banque prêteuse doit être informée de ces modifications, car elles peuvent affecter les garanties exigées pour l'octroi du crédit.

Qu'est-ce que la réduction proportionnelle de prime selon l'article L113-9 du Code des assurances ?

La réduction proportionnelle est le mécanisme central de l'article L113-9 du Code des assurances.

La règle proportionnelle de prime

La règle proportionnelle de prime constitue le mécanisme de calcul de la réduction de l'indemnité en cas de sinistre survenant après une omission ou une déclaration inexacte non intentionnelle. Cette règle s'applique lorsque l'assureur découvre, après un sinistre, que les primes payées étaient insuffisantes au regard du risque réel.

Dans ce cas, l'indemnité versée après un sinistre est diminuée au prorata de la différence entre la prime réellement payée et celle qui aurait dû l'être si le risque avait été correctement déclaré dès le départ.

Prenons un exemple concret : si un assuré a payé une prime de 50 € alors qu'il aurait dû en payer 100 € au regard de son état de santé réel, l'indemnité sera réduite de 50 %. Pour une prise en charge prévue de 20 000 €, il ne percevra donc que 10 000 €.

Quand l'omission ou la déclaration inexacte est détectée avant un sinistre

Lorsque l'omission ou déclaration inexacte est découverte avant tout sinistre, l'application de l'article L113-9 offre à l'assureur deux possibilités.

Premièrement, il peut proposer un nouveau tarif correspondant au risque réel. L'assuré dispose alors de trente jours pour accepter ou refuser cette proposition. En cas de refus, l'assureur peut résilier le contrat.

Deuxièmement, l'assureur peut choisir de résilier directement le contrat. Cette résiliation prend effet dix jours après l'envoi de la notification par lettre recommandée. L'assureur doit alors rembourser la partie de prime correspondant à la période non couverte. Cette procédure protège l'assuré contre une résiliation immédiate tout en permettant à l'assureur de se désengager de la couverture d'un risque mal évalué.

Les arrêts de la Cour de cassation ont précisé que l'assureur doit agir dans un délai raisonnable après la constatation de l'omission ou de la déclaration inexacte. Un délai excessif peut être interprété comme une renonciation tacite à invoquer l'inexactitude de la déclaration.

Quand l'omission ou la déclaration inexacte est constaté après un sinistre

La découverte de l'omission ou de la déclaration inexacte après un sinistre entraîne l'application automatique de la règle proportionnelle. L'indemnité en cas de sinistre est réduite selon la formule suivante : indemnité due = indemnité prévue × (prime payée / prime qui aurait dû être payée). Cette réduction de l'indemnité peut être substantielle si l'écart entre les primes est important.

Par exemple, si vous avez payé une prime annuelle de 500 euros alors qu'elle aurait dû être de 1000 euros compte tenu du risque réel, l'indemnité sera réduite de moitié. Sur un sinistre de 100 000 euros, vous ne percevrez que 50 000 euros. Cette règle s'applique même si l'omission ou la déclaration inexacten'a eu aucune influence sur le sinistre.

La Cour d'appel peut être amenée à vérifier que le calcul de la réduction a été correctement effectué par l'assureur. Les juges contrôlent notamment que la prime théorique correspond bien aux tarifs habituellement pratiqués par l'assureur pour un risque similaire.

Quelle est la sanction prévue par l'article L113-9 du code des assurances en cas de fausse déclaration intentionnelle ?

Contrairement aux omissions ou déclarations inexacte non intentionnelles, la fausse déclaration intentionnelle entraîne la nullité de l'assurance selon l'article L113-8 du Code des assurances. Cette sanction radicale prive rétroactivement le contrat de tout effet juridique. L'assureur conserve les primes déjà payées à titre de dommages-intérêts et refuse toute indemnisation.

La preuve de l'intention frauduleuse incombe à l'assureur. Les tribunaux exigent des éléments probants démontrant que l'assuré avait conscience du caractère mensonger de sa déclaration et de son importance pour l'opinion pour l'assureur. Un simple oubli ou une négligence ne suffit pas à caractériser la mauvaise foi.

Les conséquences sont particulièrement lourdes en assurance emprunteur. La nullité du contrat peut compromettre l'octroi du prêt immobilier ou obliger l'emprunteur à souscrire rapidement une nouvelle assurance, potentiellement plus onéreuse. La banque peut également exiger le remboursement anticipé du crédit si les garanties ne sont plus assurées.

Qu'est-ce que l'article L113-12 du code des assurances ?

L'article L113-12 du Code des assurances complète le dispositif en encadrant les modalités de résiliation du contrat d'assurance. Ce texte prévoit notamment les cas où l'assureur peut résilier le contrat après un sinistre, sous réserve que cette faculté soit mentionnée dans le contrat. La résiliation prend effet un mois après la notification à l'assuré.

Cet article établit également le principe de réciprocité : si l'assureur se réserve le droit de résilier après sinistre, l'assuré bénéficie du même droit pour ses autres contrats souscrits auprès du même assureur. Cette disposition vise à équilibrer les relations entre les parties et à éviter les abus.

Dans le contexte de l'assurance emprunteur, l'article L113-12 interagit avec les dispositions spécifiques du Code de la consommation. La loi Lemoine a considérablement assoupli les conditions de résiliation, permettant aux emprunteurs de changer d'assurance à tout moment sans frais ni pénalités.

Quels sont les cas qui entraînent la nullité de l'assurance ?

La nullité de l'assurance constitue la sanction la plus sévère prévue par le Code des assurances. Outre la fausse déclaration intentionnelle, plusieurs situations peuvent conduire à cette sanction du défaut de validité du contrat. L'absence d'aléa, élément essentiel du contrat d'assurance, entraîne la nullité absolue. Si le risque n'existe pas ou a déjà été réalisé au moment de la souscription, le contrat est nul.

Le défaut de consentement constitue également une cause de nullité. Si l'une des parties a été contrainte ou trompée sur les éléments essentiels du contrat, celui-ci peut être annulé. Les questions de l'assurance mal formulées ou ambiguës peuvent parfois conduire à l'annulation si elles ont induit l'assuré en erreur sur l'objet du risque à déclarer.

L'incapacité juridique de l'une des parties au moment de la souscription entraîne aussi la nullité. Un mineur non émancipé ne peut souscrire seul une assurance emprunteur. De même, une personne sous tutelle doit être représentée par son tuteur pour que le contrat soit valide.

Quelles sont les exclusions en assurance ?

Les exclusions contractuelles délimitent le périmètre de la garantie et ne doivent pas être confondues avec les cas de nullité. Les assurances dont le mécanisme repose sur la mutualisation des risques comportent nécessairement des exclusions pour maintenir l'équilibre financier du système. Ces exclusions doivent être mentionnées de manière claire, précise et très apparente dans le contrat.

En assurance emprunteur, les exclusions courantes concernent les sports extrêmes, certaines professions à risque, l’alcoolémie, les stupéfiants ou les conséquences de faits de guerre. Les pathologies préexistantes peuvent faire l'objet d'exclusions spécifiques ou de surprimes. La convention AERAS facilite néanmoins l'accès à l'assurance pour les personnes présentant un risque aggravé de santé.

Les exclusions légales s'imposent à tous les contrats. La faute intentionnelle de l'assuré, les amendes et les dommages résultant de la guerre civile ou étrangère sont systématiquement exclus. L'assurance de responsabilité civile exclut également les dommages causés intentionnellement par l'assuré.

Les autres articles importants en assurance

Voici quelques autres articles utiles :

L113-2 al 9 du code des assurances

L'article L113-2 alinéa 9 impose à l'assuré de déclarer en cours de contrat les circonstances nouvelles qui ont pour conséquence soit d'aggraver les risques, soit d'en créer de nouveaux. Cette obligation de déclaration continue complète l'obligation initiale de sincérité. L'aggravation des risques doit être déclarée dans un délai de quinze jours à partir du moment où l'assuré en a connaissance.

En assurance emprunteur, cela peut concerner un changement de profession vers une activité plus risquée, ou la pratique nouvelle d'un sport dangereux. L'assureur dispose alors d'un délai de dix jours pour proposer un nouveau tarif ou résilier le contrat. Le silence de l'assureur pendant plus de trente jours vaut acceptation de la poursuite du contrat aux conditions initiales.

Un nouvel arrêt de la Cour de cassation a précisé que l'assuré n'est tenu de déclarer que les aggravations objectives du risque et non les simples modifications de sa perception personnelle du danger.

L 113-8 et L113-9 du code des assurances

Les articles L113-8 et L113-9 forment un ensemble cohérent régissant les conséquences des fausses déclarations. L'article L113-8 sanctionne la mauvaise foi par la nullité, tandis que l'article L113-9 prévoit des sanctions proportionnées pour les erreurs non intentionnelles. Cette distinction fondamentale protège l'assuré de bonne foi tout en préservant les intérêts légitimes de l'assureur.

L113-16 du code des assurances

L'article L113-16 traite de la prescription biennale en matière d'assurance. Toutes les actions dérivant d'un contrat d'assurance sont prescrites par deux ans à compter de l'événement qui y donne naissance. Cette règle s'applique tant aux actions de l'assuré contre l'assureur qu'aux actions de l'assureur contre l'assuré.

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