Assurance-vie : quel contrat choisir ?

Souple et peu fiscalisée, l'assurance-vie permet de vous constituer une épargne de précaution, de faire fructifier un capital sur les marchés financiers, de préparer votre retraite ou encore, d'organiser votre succession selon vos souhaits. Le contrat et les supports d'investissement à privilégier dépendent de votre objectif. Explications.

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Assurance-vie : contrat, support et type de gestion

Il est essentiel de vous fixer un objectif prioritaire lors de la souscription d'une assurance-vie, afin de choisir le contrat, les supports d'investissement et le type de gestion permettant de l'atteindre au mieux. Quitte à les faire évoluer par la suite, lorsque cet objectif aura changé, ou à souscrire plusieurs contrats.

Fonds en euros

Pour valoriser votre épargne à l'abri des fluctuations boursières, il suffit de la placer sur le fonds en euros de votre contrat d'assurance vie multisupports. Ce fonds étant à capital garanti, vous ne courez aucun risque de perte (votre argent est principalement investi en obligations publiques). De plus, votre capital augmente régulièrement car les intérêts produits chaque année sont capitalisés, et ils s'ajoutent à votre mise de départ pour produire à leur tour des intérêts.

Cependant, les fonds en euros rapportent de moins en moins. En 2017, ils ont servi un rendement moyen de 1,8 % selon la Fédération Française de l'Assurance. Autrement dit, une fois déduits les prélèvements sociaux (au taux de 17,2 % depuis janvier 2018), ils peinent à compenser l'inflation (1,6 % sur les six premiers mois de l'année) et ne permettent plus de préserver le pouvoir d'achat de votre épargne.

Unités de Compte

Si vous placez dans un contrat d'assurance-vie à moyen ou long terme, vous avez désormais intérêt à diversifier une partie de votre mise sur les fonds en unités de compte de votre contrat. Adossés à des Sicav et Fonds communs de placement (FCP) de diverses classes d'actifs (actions, obligations, immobilier...)(1), ces supports sont certes sans capital garanti, mais ils offrent des perspectives de rendement plus élevé que les fonds en euros.

(1) Les montants investis sur les supports en unités de compte ne sont pas garantis mais sont sujets à des fluctuations à la hausse comme à la baisse dépendant en particulier de l'évolution des marchés financiers. Les supports en unités de compte présentent donc un risque de perte en capital pouvant être partielle ou totale.

Contrat d'assurance-vie Eurocroissance

Autre solution, si vous souhaitez investir en Bourse, souscrire un contrat d'assurance-vie « Euro-croissance » investi dans les entreprises françaises. A condition, toutefois, que vous acceptiez de le conserver/maintenir pendant au moins 8 ans.

L'assurance-vie, un outil adapté pour bien préparer sa retraite

Vous pouvez l'alimenter à votre rythme en fonction de vos capacités d'épargne. L'épargne accumulée reste disponible en cas de nécessité. Cela n'est pas le cas lorsqu'elle est investie en immobilier ou placée sur un Plan d'épargne retraite populaire (Perp) ou un contrat Madelin, qui ne prévoit pas de possibilité de rachat sauf pour motifs exceptionnels repris dans le Code des assurances. A fortiori si vous disposez d'un large choix d'investissements, du plus sûr au plus dynamique.

Avec un contrat d'assurance-vie, vous pouvez diversifier vos placements et les faire évoluer en fonction de votre âge (beaucoup plus que s'ils sont investis en Bourse ou dans la pierre). Vous pouvez aussi opter pour une gestion à horizon de votre contrat, pilotée par votre assureur. Votre épargne et les intérêts produits seront alors progressivement sécurisés, à mesure que vous approcherez de la retraite. Et à cette date, vous profiterez d'un complément de revenus peu fiscalisé en procédant à des retraits partiels ou en liquidant votre contrat en rente viagère.

L'assurance-vie, un moyen pour transmettre son capital

L'assurance-vie est aujourd'hui, en France, un pilier de la transmission du patrimoine. Sur le plan civil, le capital transmis aux bénéficiaires désignés dans votre contrat à votre décès n'entre pas dans votre succession. Vous pouvez ainsi transmettre un capital à un parent éloigné ou à un tiers ne faisant pas partie de vos héritiers, dans des proportions supérieures à ce que vous pourriez lui transmettre par testament. Ou encore gratifier un proche (conjoint, enfant…) au-delà de ce que la loi autorise.

Sur le plan fiscal, le capital transmis échappe aux droits de succession. Chaque bénéficiaire désigné au contrat profite d'un abattement de 152 500 €. Au-delà, chacun est soumis à un prélèvement forfaitaire de 20 %, porté à 31,25 % au-delà de 852 500 € reçus. Toutefois, si vous avez souscrit un contrat « Vie-Génération », un abattement supplémentaire de 20 % s'ajoute à l'abattement de 152 500 €. Et si vous désignez votre conjoint ou votre partenaire de pacs bénéficiaire de votre assurance-vie, il est totalement exonéré d'impôt sur les sommes reçues.

Cependant vous ne devez pas dépasser les limites fixées par la loi. Evitez de faire des versements excessifs/disproportionnés sur votre assurance-vie par rapport à vos facultés. Dans ce cas, vos héritiers spoliés peuvent demander la réintégration du capital épargné dans votre succession. Il convient de souligner que dans le cas de versements après 70 ans, les sommes versées aux bénéficiaires sont soumises aux droits de succession à concurrence de la fraction des primes versées après cet âge qui excède 30 500 €.