Pour un couple avec écart d’âge, l’assurance emprunteur peut représenter une part importante du coût total du crédit immobilier. Adapter la quotité, choisir les garanties et comparer les assureurs permet d’optimiser le coût de l’assurance tout en maintenant une couverture adaptée au profil de chaque co-emprunteur. Cardif, assureur, vous explique.
Optimiser l'assurance emprunteur en tant que couple avec écart d'âge : en bref
- Ajuster la répartition de la quotité entre les deux co-emprunteurs est le levier le plus efficace pour réduire le coût de l’assurance de prêt lorsqu’un écart d’âge existe.
- Le choix des garanties doit être individualisé pour chaque membre du couple, en tenant compte de son profil, de son âge et de son état de santé.
- La délégation d’assurance permet d’accéder aux meilleures offres du marché, notamment pour les emprunteurs seniors dont le taux d’assurance est plus élevé.
Adapter la quotité en fonction de l’écart d’âge pour réduire le prix
La répartition de la quotité est le premier levier d’optimisation pour un couple avec écart d’âge. Par défaut, de nombreuses banques proposent une quotité totale de 100 % sur chaque tête, soit 200 % au total, ce qui maximise la couverture mais alourdit les primes d’assurance. Or, le choix de la quotité peut être modulé librement dès lors que la quotité totale atteint 100 %. Pour un couple dont l’un des membres est nettement plus âgé et donc soumis à un taux d’assurance plus élevé en raison de la différence importante des risques, une répartition déséquilibrée peut réduire le coût de l’assurance. Ainsi, une répartition 70/30, 80/20, voire 60/40, permet d’affecter la quotité la plus faible à l’emprunteur le plus âgé, dont le tarif est le plus élevé, tout en maintenant une couverture minimale suffisante pour satisfaire l’organisme prêteur.
Trois simulations avec des quotités différentes
Pour rendre ces calculs concrets, voici les paramètres retenus :
- Montant emprunté : 200 000 €
- Durée : 20 ans
- Emprunteur A : 35 ans, non-fumeur, sans antécédent médical, taux appliqué : 0,13 %/an
- Emprunteur B : 55 ans, non-fumeur, sans antécédent médical, taux appliqué : 0,80 %/an
- Calcul sur le capital initial (méthode la plus courante dans les contrats groupe bancaires)
Les cotisations sont calculées ainsi : capital assuré × taux annuel ÷ 12 = prime mensuelle.
Devis 1 : Quotité 60/40 : la répartition équilibrée
Dans cette configuration, l'emprunteur A (35 ans) est assuré sur 60 % du capital, soit 120 000 €. L'emprunteur B (55 ans) l'est sur 40 %, soit 80 000 €.
- Prime mensuelle A : 120 000 € × 0,13 % ÷ 12 =13 €/mois
- Prime mensuelle B : 80 000 € × 0,80 % ÷ 12 =53 €/mois
- Total mensuel : 66 €
- Coût total sur 20 ans : 15 840 €
Cette répartition peut sembler intuitive, chacun couvre une part proche de la moitié, mais elle pèse lourd du côté du co-emprunteur senior. Le profil de 55 ans représente ici 80 % de la prime totale du foyer, alors qu'il ne couvre que 40 % du prêt.
Devis 2 : Quotité 70/30 : l'équilibre recommandé
Ici, l'emprunteur A (35 ans) est assuré sur 70 % du capital (140 000 €), et l'emprunteur B (55 ans) sur 30 % (60 000 €).
- Prime mensuelle A : 140 000 € × 0,13 % ÷ 12 =15 €/mois
- Prime mensuelle B : 60 000 € × 0,80 % ÷ 12 =40 €/mois
- Total mensuel : 55 €
- Coût total sur 20 ans : 13 200 €
Soit une économie de2 640 € sur la durée du prêt par rapport à la quotité 60/40, sans modifier la couverture globale du prêt (le crédit reste assuré à 100 %).
C'est souvent la répartition conseillée lorsque le co-emprunteur le plus jeune est aussi le principal apporteur de revenus : la couverture reste solide sur sa tête, et le coût du co-emprunteur senior est contenu.
Devis 3 : Quotité 80/20 : l'option la moins coûteuse
Dans ce troisième scénario, l'emprunteur A (35 ans) porte 80 % du capital assuré (160 000 €), l'emprunteur B (55 ans) n'en couvre que 20 % (40 000 €).
- Prime mensuelle A : 160 000 € × 0,13 % ÷ 12 =17 €/mois
- Prime mensuelle B : 40 000 € × 0,80 % ÷ 12 =27 €/mois
- Total mensuel : 44 €
- Coût total sur 20 ans : 10 560 €
Soit5 280 € de moins que la quotité 60/40 sur toute la durée du prêt, un écart qui mérite d'être pris au sérieux.
Mais cette solution comporte un risque à ne pas négliger : si le co-emprunteur de 55 ans décède ou tombe en invalidité, la prise en charge de l'assurance ne portera que sur 20 % du capital restant dû. Le ménage devra assumer le solde. Cette configuration n'est donc adaptée que si les revenus du co-emprunteur le plus âgé ne sont pas indispensables au remboursement du prêt.
Tableau récapitulatif des trois devis
Quotité (A / B)
Prime A (35 ans)
Prime B (55 ans)
Total mensuel
Coût total (20 ans)
60 % / 40 %
13 €
53 €
66 €
15 840 €
70 % / 30 %
15 €
40 €
55 €
13 200 €
80 % / 20 %
17 €
27 €
44 €
10 560 €
Calcul sur capital initial, 200 000 € sur 20 ans, non-fumeurs sans risque aggravé.
Ce que ces simulations ne disent pas
Ces chiffres sont des estimations basées sur les taux moyens constatés sur le marché en délégation d'assurance. Le tarif réel dépendra de plusieurs facteurs que les assureurs évaluent individuellement :
Le questionnaire de santé peut entraîner une surprime ou une exclusion de garantie, notamment pour le co-emprunteur de 55 ans dont le profil médical est statistiquement plus exposé. La profession exercée, la pratique de sports à risque et le statut tabagique entrent également en ligne de compte.
Adapter le choix des garanties pour chaque emprunteur
Au-delà de la quotité, le choix des garanties pour chaque co-emprunteur doit tenir compte des profils de risque différents au sein du couple. Le jeune emprunteur bénéficie généralement d’un taux d’assurance bas et peut opter pour une couverture maximale incluant la garantie décès, la perte d’autonomie et les garanties d’incapacité, à un coût raisonnable. L’emprunteur plus âgé, dont les primes d’assurance sont plus élevées en raison de l’âge à la souscription et des antécédents médicaux potentiels, peut en revanche se limiter aux garanties minimales exigées par la banque, soit a minima le cas de décès et la perte totale et irréversible d’autonomie. Cette différence de profil entre les deux membres du couple permet d’ajuster le niveau de garantie de chacun pour optimiser la partie de la mensualité consacrée à l’assurance de prêt.
Exemple de coût pour un couple de 35 et 55 ans et un prêt sur 25 ans
Pour un couple de 35 et 55 ans souscrivant un crédit immobilier de 250 000 € sur 25 ans, la différence de coût entre une couverture 100/100 et une répartition optimisée peut être significative. L’emprunteur de 55 ans présente un taux d’assurance sensiblement plus élevé que le jeune emprunteur de 35 ans, en raison de l’âge de l’emprunteur et de la différence de santé potentielle entre les deux profils.
Avec une répartition de la quotité à 70 % pour le plus jeune et 30 % pour le plus âgé, le montant des cotisations globales peut être réduit de manière notable sans diminuer la couverture pour un crédit sur la tête la plus exposée. Cardif propose des simulations personnalisées intégrant le TAEA moyen par profil pour aider les couples avec des profils différents à identifier la meilleure solution de couverture selon leur situation personnelle et professionnelle respective.
Quelle quotité d’assurance emprunteur choisir pour un co-emprunteur dans un couple avec écart d’âge ?
Pour un co-emprunteur dans un couple avec écart d’âge, le choix de la quotité doit résulter d’une analyse conjointe du niveau de revenus de chaque membre et de leur situation professionnelle. Si l’un des deux membres assume la majeure partie du remboursement du crédit immobilier pour leur résidence principale, il est logique de lui affecter une quotité plus élevée afin que l’assurance de prêt couvre la part du capital correspondant à son engagement financier.
À l’inverse, si les revenus sont équilibrés, une répartition à 50/50 peut suffire, elle charge la moitié du risque sur chaque tête. Les couples avec des profils très différents, notamment en termes d’âge à la souscription et d’état de santé, ont tout intérêt à recourir à une délégation d’assurance pour bénéficier d’une assurance individuelle sur mesure plutôt que d’un contrat groupe standardisé.
Jusqu’à quel âge assurer un prêt immobilier à 100 % sur 2 têtes ?
Assurer un prêt immobilier à 100 % sur deux têtes est théoriquement possible quel que soit l’âge des emprunteurs, mais la limite d’âge fixée par chaque assureur peut contraindre ce choix. La couverture maximale sur deux têtes, c’est-à-dire une quotité totale de 200 %, représente la solution la plus protectrice pour le conjoint survivant en cas de décès de l’un des emprunteurs.
Cependant, au-delà d’un certain âge, certains assureurs refusent certaines garanties ou imposent des surprimes importantes qui rendent cette option très coûteuse. En pratique, de nombreux couples optent pour une couverture à 100 % sur deux têtes jusqu’à 65 ans, puis revoient la répartition de la quotité à l’approche de la retraite. Cardif, en tant qu’assureur spécialisé, étudie chaque profil de l’emprunteur pour proposer les meilleures offres du marché adaptées à la situation de chaque couple.
Quelle est la limite d’âge pour souscrire une assurance emprunteur en couple ?
La limite d’âge pour souscrire une assurance emprunteur en couple varie selon les assureurs et les garanties souscrites. La plupart des compagnies d’assurances fixent une limite d’âge à la souscription d’une assurance autour de 65 à 75 ans pour la garantie décès, et des limites plus basses pour les garanties d’incapacité. Au-delà de ces seuils, l’accès à la propriété peut être compromis si aucun assureur ne propose de couverture adaptée.
Des assureurs spécialisés, accessibles via courtier, proposent toutefois des solutions pour les emprunteurs seniors dont le profil est jugé trop risqué par les établissements classiques. L’état de santé, le mode de vie et les antécédents médicaux jouent un rôle déterminant dans l’acceptation du dossier. Le recours à un comparateur d’assurances emprunteur permet d’identifier rapidement les contrats acceptant les profils d’emprunteur les plus âgés à un tarif avantageux.
Quelle est la loi qui permet de changer d’assurance emprunteur à chaque date anniversaire d’un contrat ?
Depuis la loi Lagarde de 2010, les emprunteurs peuvent choisir librement leur assurance de prêt dès la souscription, sans être contraints d’accepter le contrat groupe de la banque, sous réserve que le niveau de garantie soit au moins équivalent au contrat proposé par l’organisme préteur. La loi Hamon a ensuite permis de changer d’assurance emprunteur dans la première année du crédit. Mais c’est la loi Lemoine, entrée en vigueur en 2022, qui a supprimé toute contrainte de date en autorisant le changement d’assurance à tout moment, sans condition que le contrat soit à échéance.
Cette liberté s’applique à tous les emprunteurs, y compris les couples avec des profils asymétriques. La banque, en cas de demande de substitution, dispose de dix jours ouvrés pour accepter ou refuser la délégation d’assurance, sous réserve que le nouveau contrat respecte le principe d’équivalence des garanties. L’affichage du TAEA dans toute offre est obligatoire pour faciliter la comparaison.
Taux d’assurance de prêt immobilier en fonction de l’âge
Le taux d’assurance de prêt immobilier varie fortement en fonction de l’âge à la souscription, de l’état de santé et des garanties choisies. Pour un couple de même âge, le TAEA moyen est identique pour les deux membres, ce qui simplifie le choix de la quotité. En revanche, pour des couples avec des profils très éloignés en termes d’âge de l’emprunteur, l’écart de taux peut être considérable et justifie une stratégie d’assurance différenciée.
Le coût de l’assurance est exprimé en pourcentage du montant initial du prêt ou du capital restant dû selon les contrats. La cotisation d’assurance mensuelle constitue une partie de la mensualité totale du crédit immobilier et peut représenter une somme significative sur la durée du prêt, notamment pour l’emprunteur le plus âgé dont les tarifs des contrats individuels sont les plus élevés.
Quel est le taux de prêt immobilier moyen après 65 ans ?
Après 65 ans, le taux d’assurance de prêt immobilier augmente sensiblement pour refléter la différence de risque liée à l’âge taux d’assurance élevé. Selon les barèmes publiés par les acteurs du marché (courtiers et assureurs, lle TAEA moyen constaté pour un emprunteur de 65 ans se situe généralement entre 0,50 % et 1,20 % selon les garanties souscrites, l’état de santé et les antécédents médicaux déclarés. Certaines compagnies d’assurance peuvent appliquer des surprimes importantes en cas d’antécédents médicaux significatifs.
Le recours à un assureur via courtier permet souvent d’obtenir un tarif plus compétitif que le contrat groupe proposé par la banque au moment de la souscription. La délégation d’assurance reste le meilleur outil pour accéder aux meilleures offres du marché et maîtriser le coût de l’assurance à cet âge, en comparant le TAEA de chaque offre grâce à un comparateur d’assurances emprunteur.
Quel est le taux de prêt immobilier moyen après 70 ans ?
Après 70 ans, trouver une assurance emprunteur adaptée devient plus complexe. Le taux d’assurance est significativement plus élevé qu’à 65 ans, et de nombreux assureurs limitent les garanties disponibles aux seuls cas de décès, excluant les garanties d’incapacité ou d’invalidité. Le TAEA moyen pour un emprunteur de 70 ans peut dépasser 2 % selon le profil, ce qui alourdit considérablement l’effectif de l’assurance dans la mensualité.
Pour ces profils, la délégation d’assurance auprès d’un assureur spécialisé est souvent la seule solution permettant de maintenir un accès à la propriété à un coût raisonnable. Certains assureurs acceptent à condition que le montant de la pension et les revenus globaux du couple soient suffisants pour couvrir les primes d’assurance. Cardif étudie chaque dossier avec attention pour proposer des garanties adaptées aux emprunteurs seniors, quelle que soit leur situation.