Gérez votre patrimoine après votre retraite

Si vos revenus baissent au moment de la retraite, les dépenses, quant à elles, ne diminuent pas toujours. Par ailleurs, les enfants ou petits-enfants des retraités ont, de plus en plus souvent, besoin d’un soutien financier de leurs aînés. Voici quelques clés pour optimiser votre patrimoine

Retraite patrimoine

Vous allez bientôt être à la retraite et vous vous interrogez sur les moyens à mettre en œuvre pour faire fructifier votre épargne ? C’est peut-être le moment de prendre des décisions pour préserver votre capital et organiser la transmission de votre patrimoine.

En effet, votre épargne (assurance-vie, Perp, Perco, PEA…) vous sert souvent à préparer votre retraite puis à financer vos projets (voyages, loisirs, travaux…) et à accompagner vos proches tout en faisant face aux dépenses liées au vieillissement (frais de santé, maison de retraite, aménagement de votre logement…).

Si vous ne l’avez pas encore fait, c’est le moment d’organiser la transmission de votre patrimoine pour, notamment, en réduire le coût fiscal. Encore actif ou retraité, il y a deux limites d’âge clefs à avoir à l’esprit. 70 ans pour procéder à des versements sur votre contrat d’assurance-vie et 80 ans pour faire des dons d’argent.

Revoir la répartition de votre épargne

Au moment de votre retraite, il est généralement préférable de limiter les placements les plus risqués et d’orienter votre épargne vers plus de sécurité. En effet, vous pouvez avoir besoin d’utiliser tout ou partie de votre épargne sans attendre. Aussi, vos placements ne doivent plus être soumis aux fluctuations du marché, ou le moins possible.
En outre, selon le type de placement, vos retraits peuvent être soumis à conditions. Ainsi, vos contrats d’assurance-vie peuvent théoriquement être bloqués par l’assureur. En effet, en cas de crise financière grave, le haut conseil de stabilité financière a désormais la possibilité d’empêcher les retraits et les versements pendant 6 mois au maximum. La fiscalité de votre épargne est un autre élément à prendre en compte. Par exemple, les plus-values réalisées sur un PEA ne sont pas soumises à l’impôt sur le revenu si le PEA est clôturé alors qu’il a plus de 5 ans. De même la fiscalité des gains réalisés sur un contrat d’assurance-vie est la plus favorable après 8 ans.

Pour orienter votre épargne, des arbitrages sont à opérer sur vos contrats d’assurance-vie sur la répartition entre les fonds en euros (garantis) et les fonds en action. Comme votre assurance-vie, votre Plan d’Épargne en Actions (PEA) sera à orienter vers des fonds diversifiés permettant de réduire l’exposition de votre portefeuille aux risques. Votre assureur et votre Conseiller en Gestion de Patrimoine Indépendant (CGPI) sont habilités à vous aider à calibrer et à programmer les dates de rachats pour en minimiser la fiscalité.

Votre PEA de plus de 8 ans sera adapté lorsque vous avez besoin d’utiliser votre épargne pour financer vos dépenses courantes. En effet, les retraits ne sont pas imposables. Toutefois, il ne sera plus possible ensuite d’y opérer des versements. Il est également envisageable d’effectuer des rachats partiels sur votre contrat d’assurance-vie. Après 8 ans, les produits des contrats d’assurance-vie, sont soumis à l’impôt sur le revenu après application d’un abattement annuel de 4600 € pour une personne seule et de 9200 € pour un couple marié ou pacsé (article 125-0-A du code général des impôts). Pour un contrat de plus de 8 ans, vous pouvez donc étaler vos retraits sur plusieurs années pour récupérer votre épargne et vos gains sans impôts. Cependant, un durcissement de la fiscalité de l’assurance-vie est annoncé pour l’automne. Seraient concernés les nouveaux contrats et les versements dépassant une certaine somme sur les anciens contrats.

Privilégier l’assurance-vie

Les contrats d’assurance-vie présentent de nombreux atouts. En choisissant un contrat monosupport en euros, le capital investi est garanti et les intérêts de l’année sont acquis grâce à l’effet de cliquet. Les contrats multisupports peuvent comporter un fonds en euros et des unités de compte (actions, obligations, Sicav…). L’assureur garantit le nombre de ces unités de compte mais pas la valeur. Aussi les contrats multisupports sont-ils plus risqués que les contrats monosupport en euros.

Le contrat d’assurance-vie permet de transmettre le capital épargné hors succession. Le souscripteur a la possibilité, jusqu’au terme du contrat, d’effectuer des virements ou des retraits partiels sur son capital sans perdre le bénéfice de l’ancienneté du contrat. Ces retraits servant, par exemple, à financer une dépense imprévue ou un projet personnel. Cependant, pour obtenir la fiscalité la plus avantageuse, il ne faut pas opérer de rachat dans les 8 ans suivant l’ouverture du contrat, mais seulement après.

Préparer sa transmission grâce aux donations

Chaque parent est autorisé à donner, à chacun de ses enfants, 31 865 € en franchise d’impôt et cela tous les 15 ans. Pour profiter de cet avantage, le parent doit avoir moins de 80 ans au moment de la donation et l’enfant bénéficiaire être majeur.

En plus de ces 31 865 € en somme d'argent, chaque enfant est autorisé à recevoir tous les 15 ans, sous la forme d'un bien (immobilier, bijoux, meubles, oeuvres d'art...), d'un portefeuille de titres ou d'une somme d'argent, jusqu’à 100 000 € de chacun de ses parents toujours sans droit de succession à payer. Si la donation porte sur un bien d’une valeur supérieure à 100 000 €, seule la part supérieure à cette somme est taxée.