La sieste est une alternative positive à une nuit courte et s’avère être une partie du traitement de la fatigue. Le tout est de savoir pourquoi et comment la faire.

Chronique tirée du livre "les 100 idées reçues qui vous empêchent d’aller bien" du Dr Alexandra Dalu.

La fatigue est avec la douleur un des motifs principaux de consultation chez son médecin. En effet, L’état de fatigue entraine des conséquences multiples sur la qualité globale de la vie et ce, dans tous les domaines : professionnel, privé, social et évidemment sur la santé mentale et physique.

La sieste en quelques chiffres

La sieste est courante dans de nombreux pays où il fait très chaud dans l’après-midi et devient un must dans certaines entreprises japonaises et américaines.

En France, 30% des 25-45 ans la font en semaine et 45% en week-end*.

En effet, en 10 ans, l’insomnie est devenue un vrai problème : 1 français sur 5 s’en plaint *! La dette de sommeil augmente dans toutes les tranches d’âge y compris chez les adolescents.

*Source : Institut National du Sommeil et de la Vigilance (INSV).

Les conséquences sévères d’un manque de sommeil

Les conséquences d’un manque de sommeil sont multiples : baisse de la mémoire et/ou de la concentration, impact sur la qualité du travail, hausse du stress, dépression, burn-out, irritabilité, prise de poids, vieillissement globale, baisse de l’immunité, trouble hormonaux, problème de croissance et anxiété chez l’enfant…

Alors dormez, et surtout, dormez bien, voire mieux…

La sieste : où la faire et comment ?

La première chose est d’apprendre à vous octroyer du temps pour vous, un temps de pause dans votre journée. Respirez calmement seul(e) ou avec l’aide d’une application de sophrologie, d’hypnose ou de méditation. Le bruit des vagues, du vent ou certains sons peuvent contribuer au relâchement musculaire et à l’activité des ondes cérébrales de relaxation propice à la sieste. Le besoin d’apaisement et de repos dépend beaucoup de vos besoins. Je dis toujours à mes patients qui me posent la question de la nécessité éventuelle de la sieste : « on ne change pas une équipe qui gagne ». S’il n’y a pas de plainte de fatigue, si vous dormez bien et que n’avez pas besoin de sieste, et bien ne changez rien : pas de sieste.

Attention, si vous êtes insomniaque en plein traitement : seule la sieste très courte (moins de 15 minutes) est autorisée pour ne pas perturber votre nuit.

Pour les autres, si votre nuit est trop courte pour quelque raison que ce soit ou de mauvaise qualité parfois, et si la fatigue est là, une petite sieste de 10-20 minutes en position demie assise permet de bien récupérer et d’aller de l’avant pour finir votre journée. A pratiquer après le repas quand la baisse d’adrénaline se fait ressentir … Cela augmente vos performances mentales et physiques.

Si le besoin de sieste se fait ressentir, il vaut mieux en faire 3 ou plus dans la semaine, que de s’assoupir de façon sporadique. En effet, la sieste rare n’a pas d’intérêt. La sieste est un « sport » à pratiquer souvent pour en ressentir tous les bénéfices à plus ou moins long terme.

Dans le cas de très longue sieste de plus de 50 minutes, un effet groggy de 30 minutes survient au réveil qu’il faut laisser passer avant de reprendre votre activité. C’est l’idéal si vous êtes étudiant et que vous devez booster votre mémoire et veiller tard pour réviser des examens par exemple.

Quant à la très longue sieste de 90 minutes, elle est une nuit complète qui reprend les cycles du sommeil et qui n’a pas l’effet groggy. Vous vous réveillez en forme. Très pratique dans certains cas où la sieste fait partie intégrante de votre vie professionnelle : policier, marin, sportif de haut niveau, pilote, médecin de garde, boulanger, journaliste de nuit…

En conclusion : une sieste adaptée à sa vie professionnelle et, fréquente

La sieste est un médicament de la fatigue, gratuit, donné à tous, alors autant apprendre à la faire bien pour se sentir enfin reposé, apaisé, en forme et performant. La sieste est aussi une échappatoire à une dure journée qui permet au cerveau de s’évader un instant d’une réalité parfois compliquée à gérer. Au réveil, les solutions sont toujours beaucoup plus claires et sensées que celles qu'on aurait prises fatigué. Alors, avant d’agir, dormez…

Dr Alexandra DALU.

Facebook : Dr Alexandra Dalu
#dralexandradalu

Médecin Diplômée de la faculté Paris V René Descartes Hôpital Necker
Ancienne assistante spécialiste des Hôpitaux de Paris (urgentiste)
DIU Medecine morphologique et Anti âge Paris XIII
DIU Nutrition Necker Paris V
DU micro nutrition Dijon
DU trouble du comportement alimentaire Paris V
DIU Mésothérapie Paris VI
DIU Anglais Médical
Auteure des livres "Les 100 idées reçues qui vous empêchent d'aller bien" et "Vive l'alimentation cétogène"

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