Les origines du mal de dos sont multiples : métabolique, infectieuse, inflammatoire, traumatique, orthopédique, dentaire, voire posturale. Ce symptôme est la plupart du temps expliqué par une cause médicale, même si la douleur dorsale peut être déclenchée par un facteur de stress tel que l’annonce la fameuse expression « en avoir plein le dos » qui image véritablement le sujet.

Les traitement médicaux et paramédicaux pour soigner le mal de dos sont fonction du diagnostic, d’où l’intérêt de consulter son médecin et en l’occurrence le chirurgien spécialisé dans le rachis pour avoir un diagnostic précis et soulager efficacement sa colonne, pilier de la bonne humeur !

Bref rappel d’anatomie du dos

Le rachis est constitué de 24 vertèbres empilées et séparées de disque cartilagineux, dit disque intervertébral.

On a le rachis cervical avec 7 vertèbres, le rachis thoracique avec 12 vertèbres et le rachis lombaire avec les 5 dernières vertèbres.

Pour comprendre les douleurs, il faut savoir que la moelle épinière, qui est l’ensemble et le rassemblement de tous les nerfs du corps qui vont au cerveau, passe dans la vertèbre. Si la vertèbre ou ses alentours s’abiment, les nerfs sont « touchés ». Douleur, gène, paresthésie (fourmillements), incontinence sphinctérienne, paralysie sont ainsi les risques d’un dos qui souffre !

Maman j’ai mal au dos !

Le mal de dos peut se manifester dès l’enfance

S’il ne faut pas dramatiser en cas de mal de dos chez l’enfant, il faut consulter le chirurgien du dos, le rhumatologue ou le médecin du sport pour qu’il établisse un diagnostic. Si la douleur est brutale, consultez immédiatement les urgences pédiatriques les plus proches de votre domicile afin de traiter le plus rapidement votre enfant d’une éventuelle infection, fracture, ou autre cause d’origine neurologique (paralysie), ou tumorale.

La cause la plus fréquemment retrouvée reste la déformation à type de scoliose, cyphose ou lordose. Elle peut être d’origine congénitale, ou bien secondaire due à une inégalité de longueur des membres inférieures, ou encore d’origine positionnelle ou posturale, due à une infection, ou une maladie de Scheuermann.

Attention à la pratique intensive du sport chez l’enfant

Il faut rester prudents avec les enfants et adolescents très sportifs qui sollicitent de façon répétée leur articulation dorsale avec soit des mouvements directs, soit indirects, tels que l’équitation, la gymnastique, la gymnastique contorsionniste, l’haltérophilie. Les disques intervertébraux sont progressivement abimés avec le risque de développer une discopathie dégénérative et des hernies discales, entrainant ainsi des douleurs et des déformations.

Les impacts du surpoids et de l’obésité chez l’enfant

Par ailleurs, un enfant en surpoids ou souffrant d’obésité voit son poids devenir une cause mécanique de souffrance dorsale.

Pour rappel, la prise de poids chez l’enfant doit faire l’objet d’une consultation chez un endocrinologue car le surpoids entraine une puberté précoce, voire une cassure de la courbe staturale, et un risque de diabète. Un enfant peut avoir tout, comme un adulte, un problème de thyroïde, de diabète, ou d’autres dérèglements hormonaux à l’origine de sa surcharge pondérale.

Et Chez l’adulte c’est Presque Pareil !

En effet, chez l’adulte, le surpoids est un véritable fardeau.

Il faut comprendre que le poids est une masse qui applique un vecteur poids déclive d’autant plus important sur le corps qu’il est lourd. En bref, plus on a de surpoids, plus les articulations souffrent et plus elles s’abiment par écrasement, littéralement.

En découle une discopathie dégénérative avec les disques intervertébraux qui sont ainsi écrasés. Cela entraine un tassement vertébral avec une arthrose articulaire postérieure qui progressivement fait souffrir le patient en stimulant les nerfs qui « passent » dans la colonne vertébrale.

Un exemple de douleur classique : la sciatique ou la cruralgie et le lumbago (fréquent après le port de charge lourde).

C’est aussi l’explication de la perte en cm de la taille.

Il faut toujours consulter un médecin en cas de sciatique qui perdure. Le syndrome du canal lombaire étroit peut en être la cause. C’est un tassement au niveau du coccyx qui entraine une protrusion discale et une réduction du fourreau discal avec risque d’écrasement des fibres nerveuses qui y sont contenues et la paralysie des membres inférieurs.

Arthrose et ostéoporose causes de mal de dos

L’arthrose est une maladie inflammatoire du cartilage et l’ostéoporose une maladie des os toutes deux responsables de maux de dos.

Ces pathologies surviennent généralement progressivement avec l’âge, avec la ménopause et l’andropause (hypogonadisme chez l’homme). Cependant, l’arthrose et l’ostéoporose peuvent être d’apparition précoces chez les patients en obésité, en surpoids, et diabétiques.

L’arthrose et l’ostéoporose sont également présentes dans certaines pathologies rhumatismales (à voire en médecine interne et en rhumatologie) comme les spondylarthrites rhumatismales, la fibromyalgie, le psoriasis rhumatismal, les maladies inflammatoires du colon et de l’intestin (MICI), les problèmes de thyroïde…

Pratique excessive du sport

Contre toute attente, si le sport est devenu et à juste titre un traitement pour sa santé, la sursollicitation sportive est un facteur de risque d’apparition précoce de ces pathologies ostéoarticulaires, que ce soient chez les sportifs de haut niveau, et les sportifs avec régime alimentaire strict (danse, athlète).

Troubles du comportement alimentaire

Par ailleurs, les patients atteints de troubles du comportement alimentaire enfant et adolescents, voire jeunes adultes ayant de ce fait entravé au bon développement de leur capital ostéo-articulaire peuvent en souffrir également.

Pensez aux maladies rhumatismales

Le mal de dos est également présent dans certaines pathologies rhumatismales regroupées sous le terme de spondylarthrites rhumatismales, spondylarthrite ankylosante, psoriasis rhumatismale, maladies inflammatoires du colon et de l’intestin (MICI, RCH), problèmes de thyroïde, fibromyalgie. Ces pathologies peuvent se déclarer chez l’homme et la femme avec des symptômes typiques tels que le déverrouillage matinal des différentes articulations, mais aussi des douleurs différentes de celles qui touchent le dos avec des douleurs des hanches, du coccyx, et des jambes. Les maladies rhumatismales sont de cause auto immune et peuvent atteindre tout l’organisme. Les allergies, les migraines, la peau sèche, le psoriasis, les uvéites, les tendinites, les troubles du transit et de la miction, les cystites à répétitions, les insuffisances cardiaques et respiratoires sont autant de manifestations qui peuvent accompagner les douleurs du dos de ces pathologies auto-immunes…

Les autres origines du mal de dos

D’autres causes peuvent expliquer le mal de dos comme une fracture de fatigue, un cancer, qui peut être une tumeur primitive ou une métastase d’un cancer dont le foyer peut être un cancer du sein, de la prostate, de la thyroïde, des poumons...

Le mal de dos peut aussi être une douleur projetée d’un « autre organe malade ». Les douleurs d’ulcère gastrique peuvent être transfixiantes, c’est à dire que la douleur passe dans le dos.

Idem pour certaines douleurs d’ordre gynécologique telle que celle des kystes ovariens, fibrome, endometriose.

Le bruxisme ou grincement des dents, peut dans certains cas être sévère et entrainer des douleurs cervicales. On met alors au repos les muscles des mandibules avec une injection de toxine botulique.

Un traitement adéquat en fonction de la cause du mal de dos

Le régime alimentaire, le sport, un sommeil de qualité, un peu de musculation et un peu d’endurance, feront toujours la différence pour que votre dos soit en bonne santé.. Si le naturel ne suffit pas, il faudra toujours consulter. Les enjeux concernant la colonne vertébrale ne sont pas à prendre à la légère.

Seul le chirurgien du dos ou le médecin spécialiste du dos est habilité à diagnostiquer la cause du mal de dos.

Les imageries (radiologie, scanner, IRM) sont indispensables pour étayer le diagnostic. L’infiltration d’un traitement corticoïde antidouleur peut s’avérer être nécessaire en urgence antalgique et l’urgence chirurgicale pour lever les compressions des fibres nerveuses reste l’urgence la plus fréquente en chirurgie orthopédique rachidienne afin d’éviter la paralysie. L’outillage des orthopédistes est composé de vis, de ciment (cimentoplastie), et de greffe.

Le médecin saura vous prescrire les séances de kinésithérapie ayant toujours en tête de lutter contre les raideurs et donc d’assouplir le rachis, et de muscler la sangle lombo-abdominale. Le gainage des muscles abdominaux et spinaux reste une valeur sure à tous les âges de la vie.

En conclusion

La colonne vertébrale en bonne santé est à l’image d’un esprit sain, souple et ferme à la fois, solide mais pas rigide, ni trop droite, ni trop cambrée, tel le roseau courbé par le vent mais qui ne fléchit pas sous le poids de la tempête.

A méditer…et toujours consulter... !

Dr Alexandra DALU.

Facebook : Dr Alexandra Dalu
#dralexandradalu

Médecin Diplômée de la faculté Paris V René Descartes Hôpital Necker
Ancienne assistante spécialiste des Hôpitaux de Paris (urgentiste)
DIU Medecine morphologique et Anti âge Paris XIII
DIU Nutrition Necker Paris V
DU micro nutrition Dijon
DU trouble du comportement alimentaire Paris V
DIU Mésothérapie Paris VI
DIU Anglais Médical
Auteure des livres "Les 100 idées reçues qui vous empêchent d'aller bien" et "Vive l'alimentation cétogène"

  Je partage cet article