Le diabète est une maladie qui a des conséquences médicales sévères que l’on nomment comorbidités. La bonne nouvelle est qu’il y a un traitement médicamenteux efficace, et que le mode de vie impacte directement l’état global du patient atteint de cette pathologie.

Bien définir le diabète pour mieux l’appréhender

Le corps a une glande le pancréas, qui fabrique entre autres, l’hormone hypoglycémiante, cette fameuse insuline. Cette hormone travaille à faire rentrer le sucre qui circule dans le sang dans les cellules de l’organisme pour fournir l’énergie à tous les organes.

Ainsi, lorsque vous mangez, les nutriments de l’alimentation tels que sucres, protéines, gras, fibres, et vitamines arrivent, schématiquement, dans votre estomac, puis l’intestin où ils sont digérés, et passent alors dans le sang pour se rendre dans les cellules afin d’alimenter l’énergie globale de votre corps.

C’est entre autres l’insuline qui transporte le sucre dans la cellule. Ainsi, si vous en manquez et/ou si sa quantité est moindre, l’action de faire rentrer le sucre dans la cellule se fait mal, ou ne se fait plus, et le sucre reste à stagner dans le sang. On parle alors d’hyperglycémie, car le sucre (le glucose) dans le sang est à un seuil élevé. Cette hyperglycémie provoque des dommages dans tous les organes du corps. On parle alors de diabète.

L’insulino-résistance

L’insuline est dite sensible quand elle fonctionne bien et est résistante quand son action se dégrade. Cette insulino-résistance qui apparaît plus tôt que l’hyperglycémie est un pré-diabète qui se traite au même titre que le diabète. Le bilan HOMA et QUICKI dose respectivement dans le sang l’insulino-résistance et l’insulino-sensibilité. Ce sont, à l’heure actuelle, les meilleurs tests prédictifs de risque de développer un diabète de type 2.

Il existe plusieurs types de diabètes

Le diabète de type 1 est dit génétique et la plupart du temps découvert dès l’enfance et l’adolescence. Le pancréas ne produit pas l’hormone insuline ou très peu. Le traitement est donc de donner cette insuline afin de pallier sa carence.

Le diabète de type 2, beaucoup plus fréquent (90% des diabétiques sont de type 2), est dû à une baisse de l’efficacité de l’insuline et à un stade avancé, à une baisse de sa production.

Tant et si bien, que certains diabétiques de type 2 deviennent à un stade sévère comparable à un diabétique de type 1 à nécessiter de l’insuline en injection. Ils sont alors nommés insulino-réquérants, un genre de diabète de type 3.

Chez la femme, le diabète peut survenir lors d’une grossesse et nécessite alors une prise en charge sous haute surveillance du fait des risques pour la mère et la grossesse. Le diabète dit gestationnel peut disparaître après la naissance ou perdurer. Il est une prédiction à un diabète de type 2 ultérieur pour la mère et plus tard pour l’enfant.

Le diabète en quelques chiffres

Cette maladie métabolique est qualifiée de pandémie par L’OMS qui prédit 640 millions de diabétiques dans le monde en 2045. En effet, Les chiffres sont parlants, le diabète c’est presque 5 millions de personnes en France et plus de 425 millions dans le monde ou 1 personne adulte concernée sur 11 ! Attention, le diabète est encore sous diagnostiqué.

Connaître les signes du diabète et consulter son médecin

Les symptômes ressentis par la personne diabétique sont très souvent typiques, qu’ils soient chez l’homme ou chez la femme : la polydipsie (soif intense), et une polyurie (urines fréquentes), une faim intense, une prise de poids surtout au niveau de l’abdomen, ou à contrario une perte de poids inexpliquée, une baisse de la vue, une irritabilité accrue, une baisse de la libido pour la femme et l’homme et une baisse des fonctions érectiles pour l’homme, une fatigue physique et mentale importante sans récupération possible, les retards de cicatrisations de plaies, les infections en tout genre fréquentes du fait de l’hyperglycémie et particulièrement les infections urinaires, dermatologiques et ORL.

Les complications du diabète

Les principales conséquences du diabète sont la cécité (le diabète est la 1ère cause de cécité dans le monde).

Les pathologies cardio-vasculaires telles que l’hypertension artérielle, les migraines, l’infarctus du myocarde (IDM), les accidents vasculaires ischémiques cérébraux (AVC) et transitoires (AIT) sont des comorbidités fréquentes du diabète. Les IDM nécessitent la plupart du temps la pose de stent (minuscule tube visant à maintenir l’artère coronaire ouverte), ou de pontage en chirurgie cardiaque interventionnelle et peuvent récidiver tout comme les AVC et AIT, si le diabète n’est pas stabilisé.

L’insuffisance rénale est une conséquence sévère du diabète de par sa prise en charge 3 fois par semaine en dialyse en service de néphrologie.

Les infections qu’entrainent l’hyperglycémie, sont fréquentes et les amputations suite à des gangrènes existent encore. L’apnée du sommeil suite au surpoids est aussi à prendre en considération.

Le diabète entraine également des pathologies d’ordre psychiatrique et psycho-social selon les données de la fédération internationale du Diabète (FID) tel que des troubles anxio-dépressifs.

Les personnes diabétiques ont une espérance de vie moindre de par le vieillissement accéléré généré par cette pathologie.

Les facteurs de risque de développer le diabète de type 2

Il y a bien entendu le risque d’ordre génétique contre lequel on ne peut à ce jour pas lutter. (Il y a 70% de risque d’avoir un diabète si les parents sont atteints et 50% quand ce sont les grands-parents).

Cependant, l’épigénétique définit par l’environnement acquis (ce que vous faites de votre vie de façon volontaire) joue un rôle majeur puisque 80% des diabètes de type 2 peuvent être évités grâce à une alimentation saine et des exercices physiques réguliers !

Vous avez le pouvoir de limiter les risques de diabète de type 2.

Une mauvaise alimentation et l’inactivité physique sont les facteurs de risque les plus importants à prendre en compte dans le développement du diabète via le surpoids et l’obésité entrainés par ses 2 comportements.

Actuellement les études médicales concluent pour le régime méditerranéen crétois, pauvre en sucre, riche en végétaux donc en fibres alimentaires, riche en protéines animales et végétales (poissons, viande blanches, légumineuses) et riche en gras essentiels issus des huiles végétales et des produits de la mer. La boisson est l’eau.

L’Organisation Mondiale de la Santé recommande de faire du sport à tous les âges de la vie, régulièrement à raison de 150 à 300 minutes par semaine en endurance répartis en séances de 10 minutes à 30 minutes et de pratiquer au moins 2 séances de renforcement musculaire par semaine. En effet, le sport stimule 2 types de fibres musculaires qui ont chacune un intérêt pour réguler le sucre dans le sang :

  • Les fibres de type 1 qui stimulent l’insuline donc augmentent son efficacité
  • Les fibres de type 2 produites lors des séances de musculation produisent des hormones « brûle-graisse »

Dans tous les cas, plus vous bougez et meilleure sera votre santé métabolique et vasculaire.

En résumé et pour conclure : 80% des diabètes de type 2 peuvent être évités grâce à une alimentation saine et des exercices physiques réguliers

Le traitement médicamenteux adapté en fonction du type de diabète (insuline, metformine, sitagliptine) reste incontournable pour limiter l’aggravation du diabète. Mieux vaut prendre un médicament efficace et protecteur afin de stabiliser une pathologie à un niveau faible, plutôt que de laisser se propager une maladie jusqu’à un stade sévère.

Le mode de vie entre en synergie directe avec l’action bénéfique des médicaments prescrits une fois le diabète installé afin de limiter sa sévérité. Et dans les cas où le patient est à risque familial de le développer, le mode de vie est une prévention concrète afin de d’éviter son apparition.

Pour autant et dans tous les cas, le mode de vie (sport, alimentation, sommeil) a son intérêt vital dans la prise en charge global du prédiabète et du diabète.

Alors encore une fois, bougez, mangez équilibré et dormez bien afin de vous prémunir d’un vieillissement prématuré.

Dr Alexandra DALU.

Facebook : Dr Alexandra Dalu
#dralexandradalu

Médecin Diplômée de la faculté Paris V René Descartes Hôpital Necker
Ancienne assistante spécialiste des Hôpitaux de Paris (urgentiste)
DIU Medecine morphologique et Anti âge Paris XIII
DIU Nutrition Necker Paris V
DU micro nutrition Dijon
DU trouble du comportement alimentaire Paris V
DIU Mésothérapie Paris VI
DIU Anglais Médical
Auteure des livres "Les 100 idées reçues qui vous empêchent d'aller bien" et "Vive l'alimentation cétogène"

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